Dans le brouillard

Envoyer Imprimer PDF
(1 - user rating)
Le brouillard épais se promenait lentement sur les terres du Lac Maxime-Legault ce matin même. La famille Tanguay résidant sur ces terres riches en minéraux depuis plus d'une quinzaine d'années déjà, dormait paisiblement. Les voisins étaient possiblement endormis aussi, vus le long matin maussade qui se présentait aux habitants du petit village.
Seule, dans son lit, elle n'arrivait pas à dormir, comme si quelque chose la hantait. Elle se leva debout, alla boire un verre d'eau, se recoucha... Rien n'y fit, elle était réveillée, trop tard. Apeurée par le brouillard dense dansant dans les airs, courant sur la vallée verdâtre derrière chez elle, elle n'osait pas aller relaxer sur son ensemble patio sur sa terrasse. Elle s'encra plutôt à côté de la fenêtre, regardant la nature à son oeuvre.
«Pas très rassurant» pensa-t-elle en voyant le brouillard. «Si quelqu'un doit se perdre au beau milieu de la route, il est foutu»
Le Lac Maxime-Legault n'étant pas très populaire comme attraction touristique, la solitude gagnait souvent les résidents de la place. Au moins, quand vous êtes dans un village de soixante-huit personnes, vous connaissez tout le monde.
Elle se déplaça à la cuisine pour se préparer du café. Sa tasse d'un beige décoloré lui donna une impression d'horreur. Définitivement, quelque chose clochait en ce matin d'août. Elle ne savait simplement pas quoi.
Demain, samedi arrivé, elle danserait autour du feu, telle une tribut faisant un rituel quelconque. Sa tribut : les habitants du Lac Maxime-Legault. Son rituel : La fête. Voilà, à chaque samedi, elle profitait entièrement de la petite fête organisée par ses parents, toujours excités à tramer quelque chose. Elle n'avait pas reçu de directives claires, mais elle se doutait qu'elle recevrait de l'information le lendemain. Mais pour aujourd'hui, elle préférait profiter du congé férié qu'elle avait reçu. Étant secrétaire dans une école primaire, elle préférait ne pas travailler et se reposer. C'est un métier très exigeant.
Le brouillard ne s'épaississait pas, mais il ne s'évaporait pas non plus. Une légère condensation planait dans sa somptueuse demeure, rendant l'air plus humide. Sa tasse de café entre les mains, elle repartit devant la fenêtre, regardant l'épais voile gris rendant l'air maussade une fois de plus belle.
Le sommeil la prit quand l'humidité s'intensifit. Elle se décida à retourner au lit quand elle vit une silouhette passée. Elle marchait insouciamment. Cela devait être un simple habitant allant chercher du lait à la ferme Legault. La ferme fournissant le lait pour les résidents du Lac et en donnant un peu à des producteurs laitiers. Elle soupira quand elle vit passer une deuxième silhouette, plus discrète, et plus distante cette fois. Elle mesurait chaque pas. Chaque son.
Tinny déposa sa tasse de café sur le comptoir et retourna au lit. Pas important ces silhouettes. Il y en a à tous les matins, pas la peine de s'énerver. Puis, elle s'endormit, mais son sommeil fut agitée. Elle se réveilla plus tard, pour voir qu'il n'était que six heures quarante-cinq. Elle a dû dormir une quinzaine de minutes... Sans plus.
«Pas moyen de dormir, ici!» s'est-elle intérieurement dit, frustrée. Elle reprit sa tasse de café maintenant tiède, et elle but le liquide. Après une vingtaine de minutes, elle se sentait mieux, prête à continuer sa journée.
Elle décida qu'un autre café ne lui ferait aucun tort et se dirigea à la cuisine. Elle sortit le lait. La peinte était vide. «Génial! Je vais devoir aller chercher du lait!» s'est-elle écriée. Elle enfila une veste et se chaussa de simple sandales. Encore en robe de chambre, Tinny préféra enfiler une veste pour ne pas qu'on voit qu'elle arborait fièrement le style carroté.
Elle sortit dehors, la tête basse, et redressa ses cheveux sur sa nuque en un coup de tête. À mi chemin, elle trébucha sur un objet. Elle réussit à reprendre équilibre en soupirant, prête à continuer son chemin. Une botte brune s'était placée devant elle quand elle marchait. Elle prit la botte et continua.
Arrivée à la ferme, une ombre attira son attention. Dans le fossé reposait le corps de sa soeur complètement mutilé et  méconnaissable. Mais ça, Tinny l'ignorait... Jusqu'à présent.
Commentaires (0)add comment

Ecrivez un commentaire
quote
bold
italicize
underline
strike
url
image
quote
quote
smile
wink
laugh
grin
angry
sad
shocked
cool
tongue
kiss
cry
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

security image
Entrez les caractères affichés


busy
Mis à jour ( Mardi, 26 Juin 2012 20:47 )  
Auteur de cet article : Raphaël