Voici un extrait d'un récit que je suis entrain d'écrire, j'espère que vous aimerez.
Bonne lecture.
C'est le matin sur le port, le jour ne s'est pas encore levé, mais on entend déjà les moteurs des bateaux chauffer. Colin se dépêche d'enfiler son ciré et son bonnet ; sa mère lui sert une tasse de café avec quelques galettes, mais Colin n'a pas le temps; il engloutit son café et prend deux, trois galettes qu'il met dans sa poche.
-Colin! Attend, ton déjeuner ! Dit Sylvie, sa mère, en lui tendant son sac.
-Merci, maman lui répond t-il en l'embrassant.
-Soit prudent!
-Comme toujours...Ne t'inquiète pas.
-Tu sais bien que je ne peux m'en empêcher , dit-elle la voix serrée.
- Oui, je sais bien maman, je serais prudent, je te le promet. Lui dit Colin en refermant la porte d'entrée.
La mer est encore agitée ce matin ,et Colin s'apprête à embarquer comme tous les jours sur l'Océane, un chalutier dont il est matelot depuis peu sous le commandement du capitaine Victor James. Un vieux loup de mer, irlandais, boiteux qui a fait des terres bretonnes et de ses habitants sa dernière famille. Sa silhouette jaillit de la brume le long du quai, un visage ridé et une barbe blanche se distingue peu à peu et s'approche des moussaillons attentifs. Son vieil accent retentit...
-Il est temps de monter à bord, encore une dure journée nous attend avec ce vent qui se lève! s'écrie le capitaine en tassant sa pipe.
- Bonjour mon capitaine , dit Colin, avec un large sourire.
- Bonjour, mon petit, répondit le capitaine d'une voix aimante.
- Allons-y il est temps! reprend t-il.
C'est un magnifique chalutier de fond breton, bleu et blanc, qui largue les amarres aux larges des côtes armoricaines. Le navire s'éloigne de plus en plus vers l'horizon jusqu'à ne voir qu'une lueur flouée par la brume épaisse.
Cela va faire six mois que Colin a décidé de devenir marin pêcheur comme son père l'était avant lui, les gestes sont devenus presque mécanique, lui qui ne connaissait pas grand-chose au milieu de la pêche, il comprend maintenant pourquoi son père était aussi fier d'être marin, lui qu'il n'a pas connu.
Les seuls souvenirs qu'il en aies, sont les récits émouvants que sa mère lui contait quand il était petit, au coin du feu dans leur petite maison de pêcheur, que son père avait construite, près des quais. Le métier est dur et dangereux, Colin le sait parfaitement puisque la mer, la privé de son père
Marin pêcheur n'était vraiment pas le métier auquel Colin avait envisagé.
C'est le capitaine James un vieil ami de son père qui lui a proposé de le devenir.
Ce dernier est un second père pour Colin, après sa mort, c'est lui qui s'en est occupé et qu'il lui appris à aimer la mer malgré tout.
L'Océane disparait peu à peu dans la brume épaisse.
Arriver au large le Commandant coupe les moteurs et sort de la passerelle:
- Commencez les premières mise à l'eau, ordonne t-il à son équipage.
- Oui, mon capitaine, disent les matelots.
Très vite, ils s'exécutent, en jetant le chalut à la mer et en commençant le trait.
Peu après le chalutier stoppe doucement afin de remonter les chaluts.
Colin s'arrête soudainement de travailler et se met à fixer la mer, il remarque au loin un bateau qui est stoppé, il a un pressentiment étrange.
-C'est un navire scientifique, répond le capitaine James, en voyant le regard intrigué de son jeune matelot.
-Que fait-il ici? Demande Colin.
-De la recherche sur la faune aquatique, il vient de plus en plus souvent ces derniers temps.
-Pourquoi donc?
-Aucune idée... dit le capitaine s‘avançant sur le pont tous en continuant de fixer ce navire.Mais Colin sent qu'il n'a pas l'air tous à fait honnête, on dirait que ce navire dérange quelques peu ce bon vieux capitaine.
-Dépêchons nous de remonter les chaluts et de regagner le port! On dirait bien qu‘une tempête s‘annonce! Reprend le capitaine en s'écriant comme s'il voulait contourner la discussion.
Le bateau a rejoint la côte et la pêche a été très mince. Colin rentre chez lui, en repensant à ce navire scientifique.
-Colin, tu as l'air préoccupé, tu va bien? Tu n'a pas mangé grand-chose. Lui demande sa mère à table.
-Oui, très bien maman je suis juste fatigué, lui répond-il, je vais aller me reposer. Bonne nuit maman, lui dit-il en l'embrassant sur le front.
Colin se lève doucement le lendemain matin, la nuit a été très longue la tempête a battue son plein.
Il se prépare comme d'habitude et rejoint le port, la mer à l'air calme, après la pluie le beau temps comme on dit.
Mais quelques mètres avant d'arrivé au chalutier il aperçoit le navire scientifique de la veille qui a amarré non loin de là. Quand il aperçoit le capitaine James devant le navire avec un autre homme... Une longue discussion s'en suit; des mains qui se lèvent vers le ciel, semblant montrer un énervement entre les deux hommes.
L'homme semble être le commandant du navire, il tend un papier au capitaine James qui n'a pas l'air d'être très enthousiasme.
Colin rejoint le chalutier et se met au plus vite à son poste.
Les premiers traits de la journée commencent, la houle est calme ce matin, Colin se penche pour attrapé un des câbles qui sert à tirer un des chaluts, et aperçoit une étrange silhouette qui longe la coque du bateau, Colin se penche pour mieux tenter de la voir, mais elle semble avoir disparue.
-Colin! Viens voir c'est étrange, regarde ça! Lui dit Brad, un des matelots, mais également son meilleur ami d'enfance.
-Qui y a-t-il? Lui demande t-il.
-Regarde le câble! On dirait que qu'il a été rongé!
-Tu est sur qu'il n'a pas été abimé? Peut-être a-t-il rompu?
-Non! Non! J'en suis sur j'ai vérifié moi-même les câbles ce matin il n'on pas pu se rompre aussi vite!
-Regarde! Ils ont été rongés! Ça crève les yeux! Je suis pas fou!
Le regard de Colin se tourne vers le large et remarque le navire scientifique de ce matin. « Comme c'est étrange » Ce dit-il.
-Tu pense qu'il aurait pu être coupé? Reprend t-il.
-Possible...A quoi pense tu? Lui demande Brad, en regardant lui aussi vers le navire.
-Je n'en suis pas sûr encore... Lui répond t-il.
-Ca fait un petit moment qu'il est là, y a quelques choses d'anormal, je le sens. Dit Brad, en parlant du navire.
Colin le regarde en acquiesçant, « en effet... » ce dit-il.
-Allez reprenons le travail, poursuit Brad.
C'est la fin de la journée, le chalutier rejoint le port avec sa maigre prise encore une fois.
-Le poisson ce fait rare en ce moment c'est vraiment étrange..., dit Pierrick, le bosco; un homme de la quarantaine, de corpulence forte, et pas très commode.
-Y a plein de choses étranges en ce moment, continu Colin qui n'est pas très à l'aise avec le Bosco. C'est un homme qui n'a pas sa langue dans sa poche ni son point d'ailleurs et Colin en est intimidé.
-Commencez à sortir le poisson, et a les débarquer, dit le Capitaine James. Demain la pêche seras peu être meilleur...
Le lendemain l'Océane largue les amarres vers le large pour une nouvelle journée de pêche.
« Le capitaine n'est pas très bavard ce matin » ce dit Colin, « Je me demande ce que le commandant du navire lui voulait, l'autre jour ».
Intrigué Colin tente une approche, mais il est interrompu par les autres matelots qui semblent avoir quelques soucis.
-Colin, vient nous aider! dit Brad. On dirait que quelques chose est coincé dans le filet mais on n'arrive pas à le dégager, ça semble gros comme un dauphin!, reprend-il.
-J'arrive, dit-il.
Colin essaye lui aussi tant bien que mal à dégager cet chose, mais soudain des doigts sortent au travers des mailles.
-On dirait un cadavre mon capitaine, crie Brad.
-Coupe-moi le filet Colin!, répond le capitaine d‘effroi.
Le corps est enseveli sous un tas d'autres poissons et d'algues, Colin sort son couteau est coupe quelques mailles, très vite il arrive à le dégager et le corps tombe d'un bruit sourd sur le pont.
Tous les matelots restent figés de peur, un silence pèse sur le bateau, on n'entend plus que la houle de la mer et le bruit des cordes.
-C'est bon il est sorti? demande Colin qui n'a rien vu. Alors? Reprend-il , Qu'est-ce que vous avez à rester silencieux? Dit-il en s'avançant devant le filet, où il découvre ce dont les marins sont effrayés et stupéfait.
Colin reste bouche bée, il n'en croit pas ses yeux; sur le pont gît le corps d'une étrange créature, aussi terrifiante que magnifique.
-C'est une sirène!? Demande, le bosco.
-Dit pas de bêtise! Rétorque Arthur, un des autres matelots. Tu sais bien que ça existent pas!
-Ah oui! Alors c'est quoi ça! Reprend le bosco.
Très vite, l'agitation monte et la « Moule »; le cuisinier de l'équipage arrive intrigué par tout ce chahut, suivit de près par Jérôme; le chef mécanicien .
-Mais qu'Est-ce qui...! S'écrie la Moule, coupé dans son élan par la vue surprenante de cette magnifique créature gîsant au milieu des autres poissons morts.
-C'est une sirène! Reprend-il, d‘un ton terrifier, en regardant Jérôme, qui lui, reste sans mot.
-Alors! Tu voit bien! Qu‘Est-ce que je te disai! Reprend le Bosco, s‘adressant à Arthur.
Très vite le chahut reprend, mais le capitaine qui pour le moment ne disait rien ce met à crier:
-Taisez-vous cela suffit!
Le calme revient sur le bateau, Colin fixe avec admiration cette créature, sans dire un mot. Elle a un visage d'ange, sa bouche est charnue et d'un rose bonbon, sa chevelure est dorée comme un champ de blé, sa peau est lisse et mate, sa queue ressemble à des multitudes de voiles comme la robe d'une danseuse espagnol et d'un bleu-vert qui rappelle la couleur d'un paon majestueux.
Très vite il reprend ses esprits.
-Alors qu'est-ce qu'on fait mon capitaine? Demande-t-il, d'une voix calme.
-Jetez-la à la mer ce n'est qu'un poisson après tout, répond le capitaine.
Colin et le reste de l'équipage reste abasourdis par cette réponse.
-Mais capitaine!, reprend le bosco. C'est une sirène! Elle pourrait nous rendre riche!
-Elle pourrait aussi nous apporter de gros problèmes croit moi, allez! come on! Jetez-la par-dessus bord! Répond-il d'un air inquiétant.
Colin est plus intrigué par la réaction du Capitaine que par cette créature qui gît sur le pont... « tout ceci n'est pas normal on dirait que le capitaine n'est pas étonné de voir une sirène sur son pont! »...ce dit-il.
Mais les marins n'ont pas l'air décidés à obéir au ordre, après tout c'est une chance pour eux de changer de vie...
-Pensez à tout l'argent qu'on pourrait en tiré les gars! Reprend le Bosco.
On pourrait enfin arrêter de travailler comme des forcenés! Dit-il en essayant d'influencer les autres matelots.
- Je vous ai dit de vous en débarrasser c'est un ordre! Reprend le capitaine.
- Tu en pense quoi Colin? Lui demande le Bosco.
Colin est perdu, il fixe le corps de cette créature, et remarque que sa main bouge!
-Je pense qu'elle n'est pas morte... dit-il.
-Quoi? Répond le Bosco.
-Elle n'est pas morte, sa main a bougée, regardez!
Très vite la créature reprend connaissance, et se met à s'agitée de peur, les matelots sont paniqués et ne savent pas quoi faire, elle se met à suffoquer comme si elle n‘arrivait pas à respirer.
-Mais qu'Est-ce qu'elle à? Crie le Bosco.
-A votre avis! C'est une femme poisson, regardez au niveau de ses côtes ce sont des ouïes, il faut là remettre dans l'eau elle est entrain de mourir d'asphyxie, rétorque Colin, qui essaye de s'en approcher, mais très vite fait marche arrière, la créature s‘agite de plus en plus.
-Regardez! Crie Brad paniqué, Elle recrache de l'eau par cet endroit, ils ont l'air de se refermer! Dit -il en parlant des ouïes. On dirait qu'elle...
- ...Change d'appareil respiratoire! Continue Colin, en croisant le regard de Brad horrifié.









